LE JOYAU DE LA FOLTIÈRE À DÉCOUVRIR

Le Château de La Foltière tient son nom de l’ancien français FOL qui désigne le hêtre. Il entre dans le paysage au 16ème siècle comme un simple manoir champêtre, puis comme un haut-lieu de la Chouannerie française et de la riposte royaliste avant de devenir la résidence tranquille d’une illustre famille fougeraise : les Frontin des Buffards. Cinq siècles se sont écoulés avant de trouver en ces lieux un parc et un jardin japonais d’une grande poésie.

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Un point d’histoire.
De 1513 à 1618, il appartient aux seigneurs du Châtellier et à leurs descendants. Jusqu’en 1818, la Foltière est le domaine de Monsieur et Madame de Saint-Gilles et c’est l’année du partage en cinq lots, attribués par tirage au sort. La Foltière échoit à Virginie de Saint-Gilles qui dès 1820 vend le château et différentes fermes à Jean-Marie Alexandre Frontin des Buffards. Une nouvelle page d’histoire s’ouvre alors. Les Buffards, propriétaires de plusieurs métairies sur les communes du Pays de Fougères et plus loin, étendent progressivement leur domaine foncier au cours du 19ème siècle et s’entourent de plusieurs centaines d’hectares sur les communes du Châtellier et de Saint-Germain-en-Coglès. Si l’ancien manoir de La Foltière se trouvait au bord de l’étang, le château actuel est construit plus haut entre 1830 et 1854 par Jean-Marie Frontin des Buffards, capitaine de la Garde Impériale. A sa mort prématurée en 1837, c’est son fils Gustave-Marie qui réalise la fin des travaux. Le domaine reste dans la famille jusqu’en 1994.

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Alain Jouno en 1994.
Alors Monsieur Alain Jouno fait l’acquisition du château et du parc avec l’idée d’y créer le Parc Floral de Haute-Bretagne ouvert au public. A cette époque la propriété est partiellement abandonnée aux ronces, aux érables sycomores et aux herbes folles. Commence alors une véritable course contre la montre. Les travaux d’aménagement démarrés en septembre 1994 doivent être finis 18 mois plus tard afin d’accueillir les premiers visiteurs. Conception, réalisation par tous les temps, recherche et achat des différentes espèces sont conduits tambour battant. Après beaucoup de travail qu’on imagine sans mal et une foule de péripéties, le parc ouvre ses portes au printemps 1996.

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25 ans plus tard.
En octobre 2019, soit 25 ans après l’idée initiale et afin de dynamiser la communication, Alain Jouno rejoint par sa fille Oriane propose un concours de photographies. Il invite amateurs et professionnels à séjourner à leur guise dans le parc du 25 au 27 octobre. Voir lien ci-dessous. Le jury est composé de trois membres dont je fais partie. Les lauréats sont primés et les résultats diffusés dans la presse. La lumière du samedi 26 convient parfaitement à l’exercice, surtout le jardin japonais que j’apprécie par dessus tout et qui se compose de deux parties : le jardin du soleil levant et le vallon des poètes. On passe de l’un à l’autre sans transition et l’on se trouve dans une sorte de jungle où l’on avance à petits pas au milieu des espèces à l’aise dans l’humus et la fraîcheur de l’eau toujours présente.

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Exotisme botanique.
Au fil du temps, le Parc Floral a modifié sa dénomination pour devenir le Parc Botanique de Haute-Bretagne. Le fait d’abandonner floral au profit de botanique accompagne la mutation des décors. Pour être attractif dès ses débuts, le parc a recours aux fleurs saisonnières du printemps à l’automne. Les plantations arbustives d’essences rares ou spectaculaires comme cornouillers, magnolias, cerisiers du Japon, ainsi que des centaines de rhododendrons, azalées, camélias dans toutes les variétés ont besoin de temps pour affirmer leurs formes et leurs riches floraisons. Ce temps est arrivé et la richesse botanique est visible de toutes parts. Alain Jouno avait misé sur des sujets assez grands de conifères taillés en nuage. Les érables du Japon auxquels ils étaient associés ont grandi et les parent de chaudes couleurs entre septembre et novembre. C’est dans ce décor grandiose que les participants au concours devaient trouver leur chemin en avançant par des sentiers très étroits. Une marche lente obligeant à voir les détails qui composent cette interprétation des jardins du Soleil Levant : détails de fruits, de fleurs, d’écorces. Et même de vie animale devant laquelle on s’arrête, tel ce participant au concours qui passa bien dix minutes à tenter de photographier une toile et son araignée à contre-jour.

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Et maintenant, l’avenir !
Devant la quantité colossale de végétaux plantés à La Foltière, il fallait prendre un virage. Dans un jardin botanique, l’identification des plantes a toujours été le point délicat, car beaucoup d’étiquettes nominatives disparaissent. Alain travaille sur un projet de géolocalisation qui devrait prendre corps en 2020. A sa mise en place, les visiteurs pourraient se voir prêtés une tablette numérique ou une application à installer sur leur smartphone. Ainsi parés, les amateurs d’informations botaniques seraient instantanément renseignés sur les plantes rencontrées et leurs caractéristiques. Une perspective qui devrait en réjouir plus d’un et qui à terme devrait être mise à profit par d’autres jardins de Bretagne.

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https://www.chateau-garden.com
https://www.jardinbretagne.com/concours-2019.html
https://www.parcs-et-jardins.net
https://www.parcs-et-jardins.net/rappel-historique.html
http://www.infobretagne.com/famille-frontin.htm

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